Le Bureau des Inspecteurs des Droits de l’Homme (BIDH-RDC), par la voix de son Manager national Patrick Opola Mupasa, exprime sa vive préoccupation face à des déclarations attribuées à Max Nissan Amanda, Conseiller du Chef de l’État chargé de la médiation et de la résolution des conflits dans la Grande Orientale, concernant la situation sécuritaire en Ituri.
Dans un communiqué publié ce lundi, le BIDH-RDC appelle les responsables publics à faire preuve de retenue dans leurs prises de parole, particulièrement dans une province marquée par des violences communautaires et des attaques contre les populations civiles.
« Dans un contexte aussi sensible que celui de l’Ituri, les responsables publics et toute personne investie d’une mission de médiation doivent faire preuve de prudence, d’impartialité et de responsabilité dans leurs communications », souligne Patrick Opola Mupasa.
Le Manager national du BIDH-RDC rappelle également que la responsabilité pénale ne peut être étendue à une communauté entière en raison des actes commis par certains individus.
« Une communauté ne peut être collectivement tenue responsable des actes criminels commis par certains de ses membres. La responsabilité doit être recherchée sur la base des faits, des preuves et de la responsabilité personnelle des auteurs », insiste-t-il.
Pour le BIDH-RDC, la lutte contre l’insécurité en Ituri doit ainsi reposer sur l’établissement des responsabilités individuelles et la poursuite des personnes impliquées dans les violences.
« Tous les acteurs impliqués dans les violences doivent être identifiés et répondre de leurs actes devant les autorités judiciaires compétentes, sans discrimination, sans amalgame et sans protection fondée sur l’appartenance communautaire, nationale, politique ou autre », affirme Patrick Opola Mupasa.
L’organisation de défense des droits humains insiste également sur la nécessité de poursuivre les enquêtes concernant les violences attribuées aux ADF ainsi qu’à leurs réseaux ou alliés présumés.
« Aucun acteur responsable de violences ne devrait être exonéré ou dédouané sans une enquête sérieuse et indépendante », estime le Manager national du BIDH-RDC.
Face à cette situation, le BIDH-RDC plaide pour une meilleure protection de toutes les communautés vivant en Ituri et pour une approche sécuritaire fondée sur la collaboration entre les autorités, les forces de sécurité, la justice, la société civile et les populations locales. L’organisation demande également que des investigations puissent être menées lorsque des déclarations publiques sont susceptibles d’aggraver les tensions communautaires.
À travers cette prise de position,
Patrick Opola Mupasa et le BIDH-RDC réaffirment leur engagement en faveur de la protection des droits humains, de la cohésion sociale et de la paix. « L’Ituri a besoin de justice, de vérité, de responsabilité et de paix, et non de discours susceptibles d’opposer davantage les communautés », conclut le Manager national.
Betalisolo
Ituri : le BIDH-RDC met en garde contre les discours susceptibles d’attiser les tensions communautaires
