Denis Mukwege se montre réservé face au dialogue national annoncé par le président Félix Tshisekedi. Dans une prise de position, le prix Nobel de la paix estime que les conditions actuelles ne permettent pas, selon lui, de garantir le caractère véritablement inclusif et national de cette initiative.
L’ancien candidat à la présidentielle regrette notamment que le processus soit initié par un acteur politique plutôt que par une personnalité qu’il considère comme neutre. Il estime également qu’il aurait dû être précédé par des mesures visant à décrisper le climat politique.
Un dialogue conditionné au rétablissement de l’autorité de l’État
Pour Denis Mukwege, un dialogue véritablement national devrait intervenir après le rétablissement de la souveraineté de l’État congolais sur l’ensemble du territoire national. Cette position intervient alors que la RDC reste confrontée à des violences armées dans plusieurs régions, notamment dans l’Est du pays.
Le contexte sécuritaire constitue ainsi l’un des principaux éléments avancés dans son analyse du processus politique. La révision constitutionnelle également contestéeDenis Mukwege appelle par ailleurs les autorités à reporter le débat sur la révision de la Constitution.
Il invoque notamment les articles 219 et 220 de la Loi fondamentale, estimant qu’un tel débat, dans le contexte actuel, pourrait contribuer à une nouvelle période d’instabilité institutionnelle.
Sa prise de position intervient alors que le dialogue national et la question de la révision constitutionnelle occupent une place importante dans les débats politiques en RDC.
