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RDC–ONU : Guillaume Ngefa et le BCNUDH renforcent leur alliance contre l’impunité et pour la protection des droits humains

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La lutte contre l’impunité, le renforcement de l’État de droit et la protection des droits humains demeurent au centre de la coopération entre la République démocratique du Congo et les Nations Unies. Cette volonté commune a été réaffirmée lors d’une audience accordée, le jeudi 22 octobre, par le Ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali, au directeur représentant du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme en RDC, le Dr Patrice Vahard.

Cette rencontre a permis aux deux parties de faire le point sur leur collaboration et d’examiner les perspectives de renforcement de leur partenariat dans un contexte marqué par la persistance des conflits armés, les violations des droits fondamentaux et les défis auxquels le système judiciaire congolais reste confronté.

Au cours des échanges, les discussions ont notamment porté sur l’évolution des dossiers communs, le suivi des travaux de la dernière session du Conseil des droits de l’homme consacrée à la RDC, ainsi que sur les réformes engagées dans le secteur de la justice. L’objectif est de consolider les mécanismes de protection des citoyens, d’améliorer l’accès à la justice et de renforcer la capacité des institutions à répondre aux attentes de la population.

La lutte contre l’impunité, une priorité incontournable

Parmi les sujets abordés, la lutte contre l’impunité a occupé une place centrale. Le représentant du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a rappelé la nécessité de faire prévaloir la justice face aux crimes de viol, aux violences sexuelles et aux violations graves des droits humains.

Pour le Dr Patrice Vahard, aucun auteur de tels actes ne devrait pouvoir se soustraire à la justice, quels que soient son statut, sa fonction ou les circonstances dans lesquelles les faits ont été commis. Cette exigence concerne aussi bien les crimes perpétrés par des acteurs non étatiques que les violations impliquant des personnes exerçant des responsabilités au sein des institutions publiques.

Cette approche met en évidence l’importance d’une justice indépendante, crédible et accessible à tous, capable d’établir les responsabilités et de garantir aux victimes le droit à la vérité, à la justice et à la réparation. Elle implique également le renforcement des mécanismes de prévention et de sanction afin que les violations des droits humains ne restent pas sans réponse judiciaire.

Dans cette perspective, la collaboration entre le ministère de la Justice et le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH) apparaît comme un levier important pour accompagner les efforts de réforme, soutenir les mécanismes de responsabilisation et promouvoir une culture de respect de la loi.

Les droits humains au cœur des processus de paix

Les deux parties ont également souligné l’importance d’intégrer pleinement la protection des droits humains dans les accords de paix et les différents cadres de dialogue entre les institutions. Pour les Nations Unies, la recherche d’une paix durable ne peut être dissociée de la lutte contre les violences, de la reconnaissance des souffrances des victimes et de la poursuite des auteurs de crimes.

Cette préoccupation revêt une importance particulière dans l’est de la RDC, où les populations continuent de subir les conséquences des conflits armés et de l’insécurité. Les violences et les déplacements forcés fragilisent les communautés, perturbent les activités économiques et compromettent l’accès des habitants aux services essentiels.

Le rétablissement de la confiance entre les citoyens et les institutions constitue donc un enjeu majeur. Il s’agit de créer les conditions permettant aux personnes déplacées de regagner leurs localités d’origine dans la sécurité, aux enfants de reprendre le chemin de l’école et aux femmes de mener leurs activités quotidiennes sans craindre les exactions.

Dans cette logique, le respect des droits fondamentaux doit être considéré comme une composante essentielle des efforts de stabilisation et de réconciliation. La justice ne doit pas seulement intervenir après la commission des crimes ; elle doit également contribuer à prévenir leur répétition et à garantir une protection effective aux populations vulnérables.

Des réformes judiciaires à consolider

La rencontre a aussi permis d’aborder les réformes entreprises dans le secteur de la justice en RDC. Les défis restent nombreux, notamment en matière d’accès à la justice, de lutte contre l’impunité et de justice transitionnelle, un domaine essentiel pour répondre aux conséquences des violations graves commises dans les contextes de crise.

L’accompagnement des Nations Unies vise notamment à soutenir les efforts des autorités congolaises en faveur d’un système judiciaire plus efficace, capable de traiter les affaires dans des conditions conformes aux exigences de l’État de droit et de mieux répondre aux besoins des justiciables.

Le dialogue régulier entre le ministère de la Justice et le BCNUDH permet ainsi de faire le point sur les actions menées, d’identifier les difficultés persistantes et d’adapter les interventions aux réalités du terrain. Cette coopération est d’autant plus importante que les attentes de la population demeurent fortes face aux lenteurs judiciaires, aux violations des droits humains et aux difficultés rencontrées par certaines victimes pour obtenir réparation.

Au-delà des échanges institutionnels, l’enjeu consiste à traduire les engagements pris en résultats concrets, notamment par une meilleure prise en charge des victimes, le renforcement des mécanismes de responsabilité et la consolidation des garanties judiciaires.

Les Nations Unies réaffirment leur disponibilité à accompagner la RDC

Au terme de l’audience, le Dr Patrice Vahard a salué l’ouverture au dialogue et l’approche qu’il a jugée franche et déterminée du ministre Guillaume Ngefa Atondoko Andali dans la mise en œuvre de sa feuille de route.

Le représentant onusien a également réaffirmé la disponibilité des Nations Unies à poursuivre leur accompagnement des autorités congolaises face aux défis auxquels le pays est confronté. Cet appui concerne notamment la promotion des droits humains, l’accès à la justice, la justice transitionnelle et les efforts visant à renforcer l’État de droit.

Malgré la complexité de la situation sécuritaire et sociale, les deux parties entendent préserver cette dynamique de collaboration afin de soutenir les initiatives susceptibles d’améliorer la protection des citoyens et de consolider les institutions judiciaires.

La satisfaction exprimée par le représentant du Haut-Commissaire témoigne de l’importance accordée à la poursuite d’un dialogue ouvert et pragmatique entre les Nations Unies et le gouvernement congolais. Cette démarche doit permettre de rapprocher davantage les engagements institutionnels des préoccupations quotidiennes des populations.

Un partenariat au service de la confiance et de l’État de droit

Cette audience entre Guillaume Ngefa et le Dr Patrice Vahard confirme la volonté de maintenir une coopération étroite entre la RDC et les Nations Unies autour des enjeux de justice et de droits humains. Elle rappelle également qu’une paix durable ne peut être construite sans la lutte contre l’impunité, la protection des victimes et le respect des libertés fondamentales.

Pour la RDC, le défi demeure celui de transformer les engagements politiques et institutionnels en avancées tangibles pour les citoyens. La crédibilité de la justice, la sanction des auteurs de violations et la garantie d’un accès équitable aux juridictions constituent autant de conditions indispensables au rétablissement de la confiance publique.

En réaffirmant leur engagement commun, le ministère de la Justice et le BCNUDH entendent poursuivre leurs efforts en faveur d’une société dans laquelle les droits de chaque citoyen sont protégés et où nul ne peut se placer au-dessus de la loi. Une ambition qui demeure essentielle pour consolider la paix, renforcer la cohésion sociale et ancrer durablement la culture des droits humains en République démocratique du Congo.

Corinne Ontande

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