Le ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, a vivement critiqué le rôle attribué à l’ancien président Joseph Kabila dans la crise sécuritaire qui secoue l’est de la République démocratique du Congo. Intervenant dans l’émission « Dialogue entre Congolais » sur Radio Okapi, il a notamment contesté la référence à l’article 64 de la Constitution et dénoncé ce qu’il considère comme une tentative de dissimuler l’implication du Rwanda.
Pour Patrick Muyaya, invoquer cette disposition constitutionnelle pour justifier une démarche qui pourrait, selon lui, conduire à la remise en cause de l’ordre constitutionnel constitue une contradiction. Il a établi un parallèle avec l’arrivée de l’AFDL au pouvoir en 1997, affirmant que la Constitution pourrait être suspendue si un scénario similaire se reproduisait.
Joseph Kabila au cœur des accusations du gouvernement
Le porte-parole du gouvernement a également déclaré que l’implication de Joseph Kabila dans l’AFC/M23 ne constituait pas, à ses yeux, une surprise. Il affirme que le président Félix Tshisekedi avait déjà évoqué le rôle de l’ancien chef de l’État en août 2024 et en février 2025.
Patrick Muyaya a par ailleurs accusé Joseph Kabila de trahir l’héritage politique de son père, Laurent-Désiré Kabila, auquel est associée la formule « ne jamais trahir le Congo ». Il estime que la présence de l’ancien président dans cette dynamique viserait à atténuer la responsabilité du Rwanda dans le conflit à l’Est.
Le gouvernement rejette la thèse d’une rébellion exclusivement congolaise
Dans ses déclarations, le ministre a insisté sur ce qu’il présente comme le soutien rwandais à l’AFC/M23, notamment en matière de troupes et d’armement. Il rejette ainsi toute interprétation qui ferait de ce conflit une rébellion uniquement congolaise, estimant que la présence de Joseph Kabila ne change pas, selon lui, la nature de l’agression dénoncée par Kinshasa.
Ces propos illustrent la fermeté de la position gouvernementale face à l’AFC/M23 et au rôle prêté à l’ancien président. Les accusations formulées par le ministre s’inscrivent dans un contexte de tensions politiques et diplomatiques persistantes autour du conflit dans l’est de la RDC.
