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RDC : le CSAC interdit toute « apologie de la guerre » sur l’ensemble de l’espace médiatique congolais

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Dans un communiqué officiel rendu public ce mercredi 21 octobre 2026, le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) tape du poing sur la table en serrant l’étau autour des « dirigeants, porte-parole, représentants ou membres du FRN et des structures armées qui lui sont liées ».

Le régulateur met en place des restrictions sévères à « l’ensemble des espaces de diffusion audiovisuelle et numérique, sans distinction de support, de format, de statut professionnel ou de niveau d’audience », en vue de ne pas tomber dans « l’apologie de la guerre » qui sévit dans la partie orientale du pays. Il promet par ailleurs des sanctions sévères, conformément aux prescrits de la loi en vigueur, pour « tout manquement dûment constaté ».

Ci-dessous, l’intégralité de la correspondance.


RECOMMANDATION DU CONSEIL SUPÉRIEUR DE L’AUDIOVISUEL ET DE LA COMMUNICATION N° CSAC/AP001/2026 DU 19 OCTOBRE 2026 PORTANT INTERDICTION DE L’APOLOGIE DE LA GUERRE À TRAVERS LES MÉDIAS EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

L’Assemblée plénière du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), siégeant en sa 52e session ordinaire du 19 octobre 2026 à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo ;

Vu la Constitution de la République démocratique du Congo telle que modifiée par la loi n° 11/002 du 20 janvier 2011 portant révision de certains articles de la Constitution de la République démocratique du Congo du 18 février 2006, spécialement en ses articles 23, 24, 64 alinéa 2, et 212 ;

Vu la loi organique n° 11/001 du 10 janvier 2011 portant composition, attribution et fonctionnement du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication, spécialement en son article 9, points 5, 6, 8, 12 et 17 ;

Vu l’ordonnance-loi n° 23/009 du 13 mars 2023 fixant les modalités de l’exercice de la liberté de la presse, d’information et d’émission par la radio et la télévision, la presse écrite ou tout autre moyen de communication en République démocratique du Congo, en ses articles 4, 54 et 113 alinéa 2 ;

Vu l’ordonnance n° 22/234 du 11 novembre 2022 portant investiture des membres du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication ;

Attendu que la liberté d’opinion, la liberté d’expression est un droit fondamental, devant s’exercer harmonieusement sous réserve du respect de la loi, de l’ordre public, des bonnes mœurs et des droits d’autrui ;

Attendu que le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication a constaté des atteintes diverses à travers des communicateurs de certains partis politiques, lesquels ne s’empêchent pas de mettre à la place publique des propos incendiaires allant jusqu’à l’apologie du crime et à la désacralisation des Forces armées de la République démocratique du Congo ;

Attendu que la médiatisation des activités artistiques ou culturelles, des partis politiques, des acteurs sociaux pratiques, matinée politique, concerts, cérémonies et/ou autres manifestations, doit se conformer aux lois de la République, à l’éthique et aux normes déontologiques en vigueur dans le secteur de la communication ;

Attendu que l’Autorité de régulation a notamment pour mission de veiller à la qualité des productions médiatiques, d’en promouvoir l’excellence et d’œuvrer pour la production des émissions respectueuses des droits d’autrui et des valeurs humaines, de la culture de la paix et du respect de l’ordre public ;

Vu la nécessité et l’urgence ;

Après débats et délibérations :

RECOMMANDE :

À tous les responsables des médias audiovisuels, journalistes, présentateurs, animateurs, producteurs, opérateurs politiques, analystes, consultants, chroniqueurs, invités des émissions, intervenants à la télévision et à la radio, ainsi qu’aux créateurs de contenus numériques et influenceurs, de s’abstenir de toute initiative visant à :

  1. Accorder une tribune médiatique aux dirigeants, porte-parole, représentants ou membres du FRN et des structures armées qui lui sont liées, notamment à travers des interviews, des interventions en direct, des connexions téléphoniques, des téléphones ouverts ou toute autre forme de participation aux émissions audiovisuelles ;
  2. Diffuser les déclarations, communiqués, messages, productions audiovisuelles, reportages de propagande ou autres supports de communication destinés à assurer la visibilité ou à promouvoir les actions des mouvements terroristes dont l’objet central est le massacre de la population pour un renversement des institutions de la République légalement établies ;
  3. Procéder à toute forme de légitimation, de glorification, de banalisation, d’apologie ou de justification des activités de la rébellion, de ses actes de violence, de ses crimes et des atteintes à la stabilité des institutions légalement établies et à l’intégrité territoriale ;
  4. Diffuser des contenus susceptibles de favoriser le recrutement, l’adhésion, la mobilisation ou le soutien politique, matériel ou moral à cette entreprise politico-militaire à la destruction des institutions légalement établies et à l’intégrité territoriale ;
  5. Accorder la parole ou un espace aux représentants des partis politiques interdits en République démocratique du Congo.

Cette recommandation concerne l’ensemble des espaces de diffusion audiovisuelle et numérique, sans distinction de support, de format, de statut professionnel ou de niveau d’audience.

Le CSAC prévient que tout manquement dûment constaté exposera son auteur aux sanctions prévues par les textes légaux et réglementaires en vigueur.

La présente recommandation, adoptée lors de l’Assemblée plénière du 15 octobre 2026, prend effet à compter de sa publication.

Fait à Kinshasa, le 19 octobre 2026.

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