La scène politique congolaise est marquée par trois dossiers majeurs : le retour au Parlement de la proposition de loi sur l’organisation du référendum, les divisions qui fragiliseraient la coalition d’opposition C64 et les déclarations de Félix Tshisekedi sur le respect de la Constitution et la souveraineté nationale.
Alors que les députés doivent réexaminer le texte relatif au référendum, les principaux dirigeants de la C64 sont attendus à Rome pour tenter d’harmoniser leurs positions face à Joseph Kabila et à la crise politique et sécuritaire. En parallèle, les appels au dialogue national se multiplient, tandis que la réaction de l’Union européenne à l’évolution de la situation congolaise continue de faire débat.
Cette revue de presse revient également sur la surpopulation carcérale, la suspension annoncée des nouvelles admissions en prison et les discussions diplomatiques autour de la gestion des ressources en eau en Afrique.
- Référendum : le Parlement appelé à réexaminer la proposition de loi
L’Assemblée nationale prévoit d’examiner ce vendredi la proposition de loi fixant les conditions d’organisation du référendum en RDC, rapporte Exclusif RDC.
Selon La Manchette, ce nouvel examen fait suite au renvoi du texte au Parlement par le président Félix Tshisekedi, après la décision de la Cour constitutionnelle.
Saisie de cette proposition, la Haute Cour avait conclu à sa conformité à la Constitution, tout en formulant treize réserves d’interprétation, rappelle Chronik’Eco. Le débat parlementaire doit ainsi se poursuivre autour d’un texte qui intervient dans un contexte politique particulièrement sensible.
- C64 : les divisions internes mettent la coalition à l’épreuve
La coalition d’opposition C64 traverse-t-elle une nouvelle zone de turbulences ? L’Avenir rapporte des divergences entre Martin Fayulu et certains de ses alliés au sujet de la position à adopter face à Joseph Kabila.
Selon des sources proches des formations concernées, l’éventualité d’un retrait de l’ECiDé et de LAMUKA aurait été évoquée. Ces responsables reprocheraient notamment à la coalition de ne pas condamner explicitement les actes attribués à l’ancien président.
Dans ce contexte, Ouragan annonce la tenue d’un congrès de la C64 à Rome, en Italie, pour arrêter une position commune. Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi, Delly Sesanga et Augustin Matata Ponyo devraient prendre part à cette rencontre.
D’après RFI.fr, les cinq dirigeants sont attendus le lundi 26 octobre afin de définir une ligne politique commune face à la dégradation de la situation politique et sécuritaire. Cette réunion apparaît comme un moment décisif pour mesurer la capacité de la coalition à préserver sa cohésion.
- Dialogue national : la place de Joseph Kabila continue de diviser
« Dialogue national : Joseph Kabila complique sa propre cause », titre Le Maximum. Le journal rapporte que les récents développements politiques pourraient affaiblir les partisans de la participation de l’ancien président aux assises annoncées à Kinshasa, et compliquer sa propre position.
De son côté, la Première ministre Judith Suminwa appelle les femmes congolaises à prendre une part active au dialogue national. Selon La Percée, elle a lancé cet appel lors d’une rencontre consacrée au « Leadership féminin et gouvernance : la voie de l’excellence en RDC », organisée par la Ligue des femmes de l’UDPS avec le concours de la Fondation Friedrich-Ebert-Stiftung.
L’enjeu reste celui de la participation des différentes composantes de la société congolaise à un éventuel processus de concertation, dans un climat marqué par la méfiance politique.
- Union européenne : le silence de Bruxelles critiqué
La réaction de l’Union européenne face à l’évolution de la crise congolaise suscite des interrogations. Le Phare déplore l’absence d’une réponse qu’il juge suffisamment ferme depuis que Joseph Kabila a annoncé sa prise de direction du Front pour la Refondation de la Nation (FRN).
Le journal rappelle que les détracteurs de l’ancien président présentent ce mouvement comme une menace pour les institutions congolaises. Ces accusations restent au cœur des controverses politiques autour du FRN.
Pendant ce temps, la Belgique entend poursuivre ses efforts diplomatiques en faveur d’une reprise des négociations. Congo Nouveau rapporte que Bruxelles privilégie le dialogue afin de contribuer à mettre fin aux affrontements dans l’Est du pays et aux souffrances des populations civiles.
- Perquisitions en Belgique : Le Maximum s’interroge sur le calendrier
Les perquisitions menées en Belgique dans des résidences liées à des proches de Félix Tshisekedi continuent d’alimenter le débat politique.
Dans son analyse, Le Maximum relève la proximité entre deux événements : l’annonce, le 12 octobre à Goma, de la prise de direction du FRN par Joseph Kabila, puis les perquisitions effectuées par la police fédérale belge le 14 octobre dans des résidences de proches du président congolais.
Le journal s’interroge sur cette succession de faits. Il s’agit toutefois d’une lecture éditoriale du calendrier, qui ne suffit pas, à elle seule, à établir un lien entre les deux événements.
- Prisons : Guillaume Ngefa annonce la suspension provisoire des nouvelles admissions
Le ministre de la Justice, Guillaume Ngefa, a annoncé la suspension provisoire des nouvelles admissions dans les établissements pénitentiaires, rapporte Vraie-Thématique. La mesure est justifiée par les conditions de détention et la surpopulation carcérale.
Selon les chiffres relayés par Forum des As, le pays compte environ 52 000 détenus, dont près de 50 000 hommes. Une grande partie des personnes incarcérées seraient des prévenus en attente de jugement.
Ces chiffres mettent en lumière les difficultés auxquelles le système pénitentiaire congolais est confronté, notamment le manque de places et les insuffisances des infrastructures pour garantir des conditions de détention adéquates.
- À Luanda, Tshisekedi insiste sur la Constitution et la souveraineté de la RDC
En déplacement à Luanda, où il a participé jeudi à l’ouverture de la quatrième Biennale pour la culture de la paix, Félix Tshisekedi a réaffirmé qu’aucun engagement ne pouvait être envisagé en dehors du respect de la Constitution et des lois congolaises.
Relayées par Africanews, ses déclarations interviennent alors que plusieurs discussions portent sur la gestion des ressources naturelles et les relations entre États africains.
Pour Infos27, le chef de l’État place ainsi la souveraineté nationale, le consentement populaire et la protection de l’environnement au centre des éventuels accords, dans un contexte de réflexion sur la gouvernance de l’eau comme moyen de prévenir et de résoudre les conflits.
La Manchette va plus loin et présente la position présidentielle comme un succès diplomatique. Le journal estime que Félix Tshisekedi a opposé une fin de non-recevoir, juridiquement argumentée, aux demandes du Tchad et du Nigeria concernant le transfert des eaux du fleuve Congo.
Cette appréciation relève de l’analyse du quotidien, alors que les enjeux liés au partage des ressources hydriques demeurent un sujet sensible de coopération régionale.
L’ESSENTIEL À RETENIR
- Référendum : l’Assemblée nationale doit réexaminer la proposition de loi après les observations de la Cour constitutionnelle.
- C64 : les principaux dirigeants de la coalition sont attendus à Rome pour tenter d’harmoniser leurs positions.
- Dialogue national : Judith Suminwa appelle les femmes congolaises à participer aux prochaines assises.
- Diplomatie : le silence de l’Union européenne est critiqué, tandis que la Belgique poursuit ses efforts en faveur des négociations.
- Prisons : Guillaume Ngefa annonce une suspension provisoire des nouvelles admissions, sur fond de surpopulation carcérale.
- Souveraineté : à Luanda, Félix Tshisekedi insiste sur le respect de la Constitution dans les engagements concernant notamment les ressources en eau.
Tapie Lutunu & Beta Lisolo
